Episode 4 – J’ai décidé de me faire cuire un oeuf

Bon, vous commencez à me connaître, vous savez que je suis pleine d’idées barrées de ressources. Et là, j’ai échafaudé un plan. Si vous avez suivi les épisodes précédents (si ce n’est pas le cas, bonjour, je m’appelle Marion, je suis une bombe atomique en manque d’inspiration, si tu es grand, brun, et as des mains qui font couiner (et je ne parle que des mains), tu es le bienvenu, grrr). Mince, je l’ai fait fuir. Il m’a crue, vous pensez ?

Oui, donc, vous, les fidèles de la première heure (je vous kiffe), vous vous souvenez que j’ai pour projet de transformer ma vie en rêve éveillé, et ce n’est pas une mince affaire.

En parlant de mince…j’ai trouvé une astuce pour contourner, et ma fâcheuse manie de procrastiner, et ma vilaine habitude de grignoter. Vous êtes prêts à être éclaboussés par mon génie ? Sortez les lunettes, ça va piquer les yeux :

Je prépare à manger !

OK…je vois que ça ne soulève pas un engouement dithyrambique de votre part…Pas grave, la plupart des génies de ce monde sont des incompris, c’est bien connu. Enfin, bon, vous me sapez un peu l’enthousiasme pour vous expliquer ma trouvaille, mais je vais le faire quand même. Ça contribuera à souligner ma détermination (punaise, je me sens seule là).

Tiens, ben on va commencer par la genèse de ma malbouffe, ça vous fera les pieds.

Mon ex m’a larguée, il y a à peu près un an (et deux semaines et cinq jours). Sans être un cordon bleu hors pair, loin de là, j’avais quand même la corvée le mérite de faire à manger pour deux. D’où mon impatience d’arriver au vendredi soir car d’une, c’était le week-end, et de deux, on se faisait livrer les pizzas. En d’autres termes, je n’avais pas besoin de cuisiner (et de trouver une idée de repas, et de me rendre compte qu’il manquait les ingrédients dans le frigo et de devoir répondre avec tact à la question quotidienne : « qu’est-ce qu’on mange ? » ). Vous comprenez maintenant pourquoi le vendredi, c’était THE day de ma semaine ? Quoi spaghetti ? Ah, pathétique ? Oui, si on veut. A vrai dire, j’étais bien, moi, dans mon pathétivisme. Ah,  ça ne se dit pas ce mot-là, alors, heu…dans ma pathétiquiétude ? Non plus ? Mais que fait l’Académie Française nom d’un ognon ! (aie mes yeux !). Enfin, bref, je n’avais pas l’impression que ma vie tournait en rond, ni que je passais à côté de mes rêves de gosse. Non, j’avais ma petite routine sympa, un boulot barbant, mais des collègues cools (avant qu’ils se prennent tous pour des aventuriers de Koh Lanta), un mec aussi plan-plan que moi qui se réjouissait, lui, de la sortie prochaine d’un Fifa ou d’un Call of Duty. Vraiment, je pensais qu’on était bien. Je n’ai pas vu le danger arriver, les kilos s’installer, l’habitude nous engluer, et encore moins la minette débarquer. Fallait s’en douter. La vache, vous avez remarqué ? Ça m’a rendue poète !

Enfin tout ça pour dire (j’ai pitié de vous, va, je synthétise), qu’à l’époque, dans une configuration de couple, mes dîners ne ressemblaient pas à « J’ai faim ! Ouvrons un placard et voyons ce qui peut se manger tranquilou devant le canap’, sans cuisson et sans vaisselle, y’a ma série qui commence ».

Or, ces derniers mois, pas mal de choses ont déserté ma vie : mon mec, sa console, un certain confort financier, les chaussettes sales sous le lit et l’impression que tout allait bien. Les seuls à ne pas m’avoir abandonnée dans cette épreuve, les seuls à avoir même appelé des copains à la rescousse pour me réchauffer le cœur, les cuisses, le ventre et les fesses, ce sont mes kilos.

Les kilos en trop, c’est un peu comme la famille : ils sont parfois envahissants, on aimerait les voir moins souvent, ils nous foutent régulièrement la honte, mais ils sont toujours là en cas de coups durs. Ah ça, je peux dire qu’ils ne m’ont pas lâchée, les bougres.

Donc, comme j’opère des changements dans ma vie et qu’il est temps de relever la tête et de se sortir les doigts du pot de Nutella, tout comme il est temps de commencer à être productive dans le domaine de ma vie qui va bientôt m’apporter joie, bonheur et réussite, j’ai eu l’idée de faire d’une pierre deux coups.

Tout d’abord, j’ai essayé le végétal, rapport à Petit Panda (pour les mémoires de poisson rouge, vous me copierez cent fois l’épisode 3), mais ça n’a pas vraiment marché, j’ai eu la dalle au bout d’une heure. Du coup, je me suis rencardée sur un genre de compromis nutritionnel. En gros (ah ah), je veux pouvoir manger jusqu’à plus faim sans forcément tomber dans le truc méga calorique. Et il paraît que les protéines, ça cale bien. Admettons. Oui, mais, si je me mets à cuisiner, me suis-je dit, ça va me faire moins de temps pour m’adonner à ma passion-qui-va-devenir-mon-gagne-bien (non, pas pain, j’arrête, ce n’est pas bon pour mon régime). Et c’est là que Jding’! une ampoule s’est allumée là-haut (je fais bien l’ampoule qui s’allume, hein ?). J’ai décidé que j’allierai le temps de cuisson de ma bouffe à la durée minimum que je m’imposerai devant mon écran ou ma planche à dessin pour bosser !

Et c’est comme ça que j’ai décidé de commencer par me faire cuire un œuf ! (enfin plusieurs, vu mon appétit d’ogresse). Et non, pas à la coque, rho, vous me prenez vraiment pour la dernière des feignasses ! J’ai mis la barre un peu plus haut. Des œufs durs !

Et pour rendre ça plus fun, je leur ai même dessiné des grimaces sur la coquille vu le bain d’eau bouillante qu’ils allaient se prendre pendant dix minutes. Quoi, vous ne faites jamais ça ? Mais vous êtes devenus adultes à quel âge ? Six ans ?

C’est ainsi que pendant le temps de cuisson, je me suis attelée à la tâche, concentrée, déterminée et sans envie de grignoter puisque mon cerveau avait bien compris qu’on mangerait dès que le minuteur retentirait.

Ça a marché du tonnerre !

Mine de crayon rien, j’ai avancé ! J’ai même trouvé que c’était trop court ! Donc objectif atteint ! Enfin, pour ce qui est de mon projet grandiose. Côté bouffe, faudra quand même que je pense à manger des œufs mayo et non de la mayo aux œufs…

Mais je suis sur la bonne voie ! Et puis vous devriez voir ce que j’ai commencé à dessiner, ça prend forme, je tiens un truc ! Non, je ne vous montre pas ! Il va falloir attendre un peu, de bonnes heures de cuisson encore. Mais ça vaut la peine, promis !

Bon, et vous, vous me promettez de dessiner un beau sourire à votre œuf la prochaine fois que vous lui ferez faire le grand plongeon ?

 

A suivre…

Bientôt : Episode 5 : J’ai décidé de parler aux gens

Episode 3 – J’ai décidé d’appeler mon corps Petit Panda

Ah ! Vous êtes là ! Cool ! Non, mais je vous jure que j’ai essayé de m’y mettre hein ! J’ai éteint ma télé, installé une appli pour éviter de surfer sur le net pendant ma séance de travail, désinstallé l’appli parce qu’en fait, j’ai besoin d’Internet pour trouver des sources d’inspiration ou des tuyaux pour optimiser ma palette graphique. J’y étais presque, et puis…Et puis l’envie de grignoter a été la plus forte. C’est horrible cette petite voix de dealer dans la tête qui n’arrête pas de me dire: « Tu ne veux pas goûter ? T’es sûre ? Juste une petite bouchée de rien du tout, tu verras, ça ne te fera rien, juste du bien, c’est pas fort, sans conséquence… ».

La première fois, j’ai répondu poliment « non merci ».

Je me suis consacrée à mes esquisses et voilà que je me suis mise à dessiner des cupcakes, de jolis gâteaux avec des chapeaux appétissants, des billes de couleurs à croquer, comme des M&M’s. Alors, je me suis forcée à changer de thème. Peu importe ce que je dessine, on s’est mis d’accord avec moi-même (pour une fois) que je me contentais dans un premier temps de laisser jaillir à l’écran tout ce qui me passe par la tête. Le but est de réapprivoiser le stylet et mon esprit créatif. Ça peut partir dans tous les sens, je sais que je vais finir par trouver LA voie, celle avec laquelle je me sentirai à l’aise, celle où l’envie et le plaisir me guideront, là où commenceront les choses sérieuses.

N’empêche, le dealer est revenu à la charge : « Eh, psst, je t’ai laissé une dose dans le placard de la cuisine, comme ça tu vois tranquillement. Si jamais tu as envie de décompresser un peu, t’offrir un petit shoot de bien-être, après tout, je te vois, là, en train de bosser comme une malade depuis tout à l’heure, t’as bien le droit à une petite pause. Et puis, si ça te plait, t’as mon numéro, je ne suis jamais loin, je me ferais un plaisir de passer te fournir en douceurs. »

Ce à quoi j’ai répondu civilement : « Non merci petite voix dans ma tête, je t’ai reconnue. Je sais que tu veux être sympa, mais ton cadeau, il est empoisonné, je vais le payer cher sur la balance. Je ne rentre déjà plus dans mon pantalon H&M qui taille pourtant grand, alors on va arrêter les frais. Je suis pleine de bonnes résolutions, alors s’il te plaît, sois gentille, encourage-moi par le silence et laisse-moi travailler tranquille. »

Vous avez vu ça ? J’ai été cool hein ? Pas assez ferme ? Quoi ? Mon cul ? Ah non, mon refus ? Oui, ben, j’essaie de ne pas trop l’énerver la petite voix, parce que j’ai remarqué un truc, plus je vais à la confrontation, plus elle pète un boulon et arrive à me faire avaler des tonnes de cochonneries jusqu’à la gerbe en pures représailles. Tout y passe : les gâteaux apéro gardés pour les invités, les caramels au beurre salé des vacances à Noirmoutier, été 2005, devenus durs comme du ciment, collés, indissociables, mais encore présents dans le placard, alors allez zou et bonjour à mon dentiste ! Les Mon Chéri dégueulasses offerts par la tante Hortense au Noël de l’année dernière (on y revient, tiens !) …

J’ai été malade toute la soirée après ça. J’ai eu honte. J’ai culpabilisé, regardé mes bourrelets en sanglotant et me suis détestée. Et puis, je me suis reprise. J’ai dit « plus jamais ! », j’ai dit « demain, je ne mange rien de la journée pour compenser », j’ai dit « au moins, je n’ai plus rien dans les placards maintenant, je suis à l’abri de replonger ».

Et le lendemain, j’ai fait les courses.

Tout ça pour dire, que je me bats au quotidien contre moi-même pour ne pas grignoter sans arrêt et retrouver un jour ma taille 38 de l’âge d’or où tout allait bien, où j’étais fraîchement maquée et que mon corps faisait l’objet d’un désir manifeste et grandiloquent…(en d’autres termes, il en avait une grosse).

J’ai gardé mon jean fétiche, vestige de la belle époque. Il me faisait un cul d’enfer. Je me refuse à calculer le nombre d’années qu’il a passé sur mon étagère du haut à attendre que j’aie assez de volonté pour m’y glisser sans un seul râle d’effort surhumain ni aucune contorsion vaine pour fermer le bouton final. Je m’en fous, j’ai décidé que je rentrerai dedans bientôt. J’ai dit bientôt. Ça va, ça me laisse un peu de marge. De toute façon, si je veux me payer la robe Ted Baker, ce sera la condition Toblerone, heu, Sine qua none.

Pff, ils en vendaient à la caisse au supermarché. J’avais esquivé le rayon bonbons, sucreries et chocolat, j’étais fière de moi, et puis, arrivée pour mettre mes courses sur le tapis, patatra, une petite vieille (promis, elle ne fait que passer celle-là), je disais donc, une petite vieille m’est passée devant et a pris tout son temps pour poser ses articles (n’empêche, ce n’est pas pratique ces caddies si profonds pour les personnes âgées, bon j’arrête, parce qu’on va encore dire que je plaide la cause des séniors, alors que c’est même pas vrai, je viens de dire que la petite vieille, elle m’a piqué la place à la caisse, hé !). Je me suis retrouvée coincée là, à attendre, avec des mini barres de Toblerone installées devant mon nez, toutes mignonnes, toutes bien alignées, enfin presque, y’en avait une un peu de travers, alors j’ai voulu la remettre bien droite, mais en fait, les chewing-gums d’à côté ne lui laissaient pas assez de place. Alors, mon cœur nougatine a eu pitié, pensez, je l’ai prise avec moi cette petite barre et je l’ai posée délicatement sur le tapis, en première ligne. Là-dessus, la vieille dame a asséné le séparateur tel le couperet d’une guillotine. Ah pour s’assurer de ne pas payer les courses des coiffées au poteau, ça va plus vite que de plonger dans le fond du chariot ! Le choc a été si rude que j’ai bien cru que ma petite barre de Toblerone allait se retrouver en Twix (hum, des Twix), et vous me croirez ou non (sûrement non, pas ma faute si vous manquez cruellement d’imagination), mais les autres petites barres, affolées, se sont jetées de l’étal pour venir voir si leur congénère passée pas loin du drame était bien saine et sauve. Bon, en vrai, y’avait une promo spéciale : deux achetées, la troisième offerte, alors, j’en ai pris…douze.

Ne me regardez pas comme ça ! Je ne les ai pas mangées (encore) ! Oui parce que je sais que ma virée au supermarché est palpitante, mais si je vous raconte tout ça, c’est pour en revenir à nos moutons, enfin plutôt à nos pandas.

Tout est parti de notre chère petite vieille qui a décidé de payer ses courses en chèque (« ne le remplissez pas Madame, c’est la machine qui va le faire. Non, Madame, faut juste le signer, non, pas mettre d’ordre, NON MADAME, JE DISAIS, IL NE FAUT PAS LE REMPLIR. Bon, tant pis. Vous avez une pièce d’identité, s’il vous plaît ? Oui, je sais que vous venez toutes les semaines, mais c’est la procédure, je n’y peux rien. Oui, je comprends, …oui, parlez-en au directeur à l’occasion, pas de problèmes… »). Vous ne pensiez pas que j’allais vous épargner mon attente à la caisse ?  C’est pour vous mettre dans le contexte (hihi).

Devant cette scène de la vie courante d’une caissière au bord de la crise de nerfs, mes yeux se sont égarés sur les magazines exposés devant moi et sur la une du Parisien qui trônait là. Un adorable bébé panda me regardait avec ses grands yeux noirs et sa bouille de peluche. Yuan Zi, la nouvelle mascotte du zoo de Beauval. Tout le monde en parle. C’est vrai qu’il est chou. Du coup, j’ai eu le temps de lire l’article sur la mignonne boule de poil et le topo sur le rythme de vie du panda, ses habitudes alimentaires, son habitat, tout ça. Le pauvre est le seul ours à ne pas hiberner ! Ça explique les cernes !

Bon et vous allez me dire « c’est quoi le rapport avec ta décision du jour, bon sang ! »

Ce à quoi je répondrais : faut vous calmer hein, vous ne voulez pas un petit bout de Toblerone ? Car je ne les mangerai pas. Voilà. Vous pouvez les compter, les barres sont toutes là dans le placard. Mon challenge, c’est qu’elles y restent jusqu’à péremption, ou réunion de crise d’une copine qui viendrait de se faire larguer, c’est selon.

Tout ça, c’est grâce à Yuan Zi. Parce qu’il a beau avoir un nom à coucher sous une grande muraille, il m’a fait prendre conscience d’une chose évidente : un petit panda, on n’a pas envie de lui faire du mal. Un petit panda, on a juste envie de le dorloter et de lui faire des câlins. Un petit panda (je me prends pour la reine de l’anaphore si je veux, ça a bien rendu un mec président, foutez-moi la paix), ça se nourrit pas en lui faisant ingurgiter un tas de trucs nocifs pour son fragile organisme. Un petit panda, c’est rond, c’est plein de poils et ça mange toute la journée. Un peu comme mon corps quoi.

Oh, ça va, je rappelle que je suis célib’ et que l’hiver approche, alors je suis poilue si je veux, OK ? On peut revenir au cœur du sujet ? En vous remerciant…

Mon corps et moi, on a une relation un peu toxique. Je le boude parce que je ne le trouve pas beau, du coup, il se venge : un kilo de plus par ci, un bouton plein de mayo sur la tronche par là. Alors, je le déteste encore plus et il me le fait payer tout autant. Cercle vicieux.

Il serait peut-être temps qu’on fasse la paix lui et moi. Surtout en vue de l’aventure grandiose dans laquelle je nous embarque. On avancera bien mieux main dans la main que poing sur la gueule.

Mon corps, je le voyais jusqu’ici comme un traître : « ah ouais, t’as grandi trop vite à l’adolescence ? Et chtak ! des vergetures sur les cuisses, ça t’apprendra ! », « Tu veux partir en vacances en Crète et profiter un max ? Et bam ! prends-toi un cycle détraqué et les règles qui débarquent à l’improviste, mmuuaaahhhaaahhh, allez, va demander des protections périodiques en grec, et bonne chance, gnark gnark gnark».

Du coup, je n’avais qu’une envie, l’étouffer avec tout ce qui me passait sous la main. En général : des gâteaux ou des chips.

Et si j’admettais que je n’ai pas été très maline et qu’il mérite mieux que mon mépris ? Il est là, il fait le boulot, depuis bientôt trente ans, il m’a toujours soutenue, il me fait souvent marcher, et s’amuse parfois à me faire courir, mais il est également de toutes les danses de la victoire, des orteils contre la table basse, des positions du Kama Sutra ratées, transformées en fous rires, de la posture du lotus que je ne tiens pas deux secondes, de mon équilibre précaire en talons hauts. Mon corps, au fond, c’est aussi mon meilleur ami.

Alors, j’ai décidé que j’allais l’appeler Petit Panda. Pour me souvenir à chaque instant qu’il a avant tout besoin de soins, de tendresse, de bienveillance… et aussi, de 95% de végétal (sait-on jamais, ça peut marcher).

Et votre corps à vous, vous l’appelez comment ?

A suivre…

 

@JuneLeelo  https://juneleeloo.bigcartel.com/

Bientôt : Episode 4 : j’ai décidé d’aller me faire cuire un œuf

Episode 2 – J’ai décidé de prendre exemple sur Kimberley

Le constat est sans appel, j’ai perdu un temps de dingue devant des conneries télévisées. Imaginez le nombre de dessins que j’aurais pu faire au lieu de me lobotomiser à coups d’épreuves d’immunités, de confessionnal, de marseillais, d’anges déchus et j’en passe ? Le truc, c’est qu’on ne peut pas refaire le passé. (Quelle découverte ! Oui je sais, oh ça va). Alors, à la lueur de mes nouvelles résolutions, j’ai décidé que plutôt que de m’écrier : « Oh my god ! mais pourquoi ?! Qu’ai-je donc fait ? Vers quel état errais-je ? Quelle infamie ! (5 ans de théâtre, eh ouais les mecs !). Bref, plutôt que de me lamenter, j’ai préféré me servir de tout ce temps passé en débilités pour en tirer des leçons. Pas de grammaire, je vous rassure…
Figurez-vous que, à bien y regarder, pendant que je végétais devant des gens qui n’étaient visiblement pas les héritiers de l’inventeur du fil à couper le beurre ou d’un quelconque prix Nobel, j’avais sous les yeux l’exemple parfait à suivre. Ne faites pas cette tête, vous allez comprendre…
Prenons le cas de Kimberley.
Kimberley a 20 ans, elle est blonde, jolie, bien fichue et est sortie du système scolaire quand ça a commencé à devenir vraiment trop compliqué (faut que je vous fasse un dessin ? ah ah). Elle a beau avoir un bagage culturel qui passerait à l’aise en cabine, elle a quand même percuté que son joli cul minois lui permettait d’obtenir pas mal de choses. Et son rêve à Kimberley, le truc qui lui fait briller les lentilles de couleur, c’est d’être célèbre. Elle n’a sûrement jamais entendu parler d’Andy Warhol, n’empêche, elle n’a aucun doute sur le fait que ce soit possible. Alors la Kim, elle voit passer une annonce à la télé pour participer à la prochaine émission de sa chaîne favorite. Et ça tombe bien, elle, ce qu’elle veut, c’est être la nouvelle Loana. Elle se fout bien de ce que la star de la piscine du Loft est devenue entre-temps, tout ce qu’elle comprend, c’est qu’elle a peut-être l’occasion de réaliser son rêve. Passer à la télé poubelle , être vue par des milliers de téléspectateurs lobotomisés, des producteurs véreux, faire la couv’ de ses magazines favoris, et peut-être même enregistrer un disque, qui sait ? (dois-je vous rappeler qui a trusté les charts début 2000 avec l’infâme tube Lofteurs Up and Down ? non hein, on veut tous oublier ça…on est d’accord). Et donc notre chère Kim, est-ce qu’elle a fait le plancton devant la télé, assise sur son clic clac Conforama à souffler sur son vernis tout juste appliqué en attendant que ça se passe ? Que nenni ! Elle a postulé, tiens ! Et on l’a appelée pour le casting. On lui a posé plein de questions, sur tout, sur rien, si elle portait des strings, si elle avait déjà embrassé une fille, ce qu’elle voulait faire plus tard, si elle était claustrophobe (elle a répondu oui, pour ne pas avoir l’air bête). Elle s’est fait prendre en photo sous toutes les coutures, a fait sa plus belle moue et a récité sa présentation devant la caméra (la même que celle qu’elle avait apprise par cœur pour l’élection ratée de Miss Provence, trop refaite y z’avaient prétexté). On lui a dit qu’on la rappellerait, et on l’a rappelée. Et maintenant, on voit Kimberley partout : sur les réseaux sociaux, au zapping, elle est même à l’origine (bien malgré elle) du #Analepasbête. Elle va bientôt créer une ligne de vêtements, un parfum et sortir une biographie.
On peut se moquer, dire ce qu’on veut, n’empêche, cette fille réalise son rêve. Il est peut-être discutable, il est en tout cas (et malheureusement) partagé par un bon nombre de personnes. Et du coup, non seulement Kimberley réalise son rêve, mais elle fait rêver les autres ! Pour tout vous dire, elle me fait même rêver moi aussi. Oui, parce que je peux la toiser avec mon air condescendant de presque trentenaire, lui dire par écran interposé de redescendre sur terre, de reprendre ses études, de trouver un boulot décent, de la prévenir qu’après être suivie sur Twitter, c’est par des psys qu’elle va être suivie, ad vitam (c’est du latin…laisse tomber Kim). Mais moi, je suis qui pour lui expliquer la vie à cette petite ? Je fais quoi de la mienne, d’abord ? J’ai risqué quoi de ma santé mentale pour vibrer comme une dingue ? J’inspire qui ? Et depuis quand je n’ai pas osé me frotter au reste du monde pour exister et aller chercher ma part de bonheur ?
Imaginez que demain, un cataclysme surgisse, que les aliens nous attaquent, ou pire (et pourtant, tellement plus probable) que Trump touche au gros bouton rouge qu’il a dans son bureau. La planète s’éteint, les hommes disparaissent. Et comme dans la légende urbaine, chacun voit sa vie défiler devant ses yeux. D’après vous, laquelle de Kim ou de nous aura le moins de regrets ?
Flippant hein ?
Alors oui, j’ai décidé que j’allais prendre exemple sur Kimberley. Je vais me remettre très sérieusement au dessin, scruter les concours, les manifestations autour de l’illustration et me frotter aux pointures du genre. Comme ça je verrai bien ce que je vaux. Ça fout la trouille, mais je la sens cette petite flamme en moi qui brûle d’envie de tenter le coup. Elle me pousse, me réchauffe quand le doute jette un froid et me fait me recroqueviller sur mes bonnes vieilles couches de gras réconfortantes. Donc voilà, entre ne rien faire et être ridicule, j’ai décidé que je préférais le ridicule. Au pire je continuerai mes dessins dans mon coin, au mieux ils prendront vie sous d’autres yeux que les miens et rien que cette idée de pouvoir émouvoir, capter, intriguer d’autres personnes sur cette Terre, c’est tout bonnement grisant.
Je veux ça. Je veux essayer. Je veux y arriver. Alors, j’éteins ma télé, j’allume mon ordi et je me mets au boulot !
Ah merde, y’a la nouvelle saison de Walking Dead qui démarre ce soir !
Bon, ben tant pis, je commencerai à vivre mes rêves demain…Donald ne devrait pas appuyer sur le bouton ce soir, il est occupé sur Twitter là…
Mouais…enfin, il va peut-être falloir que je règle ce petit souci de procrastination tout de même. Qui a dit que c’était facile de réaliser ses rêves ?
Marion VS Netflix,
Marion VS Facebook,
Marion VS CandyCrush
Marion VS la tablette de chocolat qui me nargue depuis le placard de la cuisine.

A moi seule, j’ai plus de vilains boss à combattre que Mario !

En fin de compte, c’était fastoche pour Kimberley, enfermée dans une villa sans connexion internet ! Elle a vraiment tout compris celle-là ! Enfin, non, pas de bol, elle était vraiment claustro.

Ça me fait penser…et vous alors, vous avez déjà embrassé une fille ?
Ok ok, trêve de causerie, je me mets au boulot, rho…

Non, mais même pas une petite fois ?

Faites gaffe hein, la fin du monde est proche, je dis ça, je dis rien…

A suivre…

Bientôt : Episode 3 – J’ai décidé d’appeler mon corps « Petit Panda ».

Raison et insouciance

Connaissez-vous the Awkward Yeti créé par Nick Seluk ?
Chaque jour ou presque, il illustre avec humour et poésie nos tiraillements entre raison et insouciance.
J’adore. Et vous ?

https://www.instagram.com/theawkwardyeti/?hl=fr

 

 

 

♥ Random Acts of Kindness ♥

Connaissez-vous les RAK (Random Acts of Kindness) ?

Il s’agit de faire des gestes de pure gentillesse de manière aléatoire dans le seul but de rendre les gens heureux et de se sentir en joie par la même occasion.

Je vous donne quelques exemples grâce à Yasmin J qui a décidé ,pour fêter ses 20 ans, de faire 20 gestes de gentillesse spontanés. Il y a de quoi s’inspirer…

1- Offrir des ballons aux enfants dans un centre commercial
2- Offrir des fleurs aux mamans croisées au hasard
3- Mettre une pièce pour un tour supplémentaire de manège
4- Offrir un jouet pour chien à son maître au parc
5 -Mettre des pièces à disposition sur le parcmètre
6- Payer pour le café d’un inconnu
7- Laisser un mot de remerciements et des cookies pour le facteur
8- Faire de même pour les éboueurs
9- Nettoyer la voiture d’un inconnu sur un parking public
10- Laisser des pièces dans des lieux publics pour que les gens se pensent chanceux
11- Laisser 5€ sur un banc pour un inconnu
12- Faire un don à un centre de charité
13- Laisser des petits mots joyeux sur les pare-brise d’inconnus
14- Offrir un peluche à un enfant
15- Déposer une lettre de remerciement et des donuts devant un commissariat
16- Mettre à disposition de la monnaie sur le distributeur de boissons et sucreries
17- Cacher 5€ dans un livre pour enfant à la bibliothèque
18- Faire des brownies pour les voisins
19- Mettre à disposition un parapluie dans un lieu public en cas de pluie.
20- Préparer le petit-déjeuner à ses parents

Personnellement, j’ai déjà offert la commande de McDrive aux personnes derrière moi en passant à la caisse. Juste comme ça, pour le plaisir de rendre les gens heureux. ça fait tout chaud à l’intérieur et ça donne le sourire !

Et vous, pour quel gentil geste allez-vous opter ?

C’est lundi, on est en vie !

Le talentueux Naolito arrive à nous faire aimer ce jour tant redouté et pourtant aussi valable que n’importe quel autre de la semaine. Puisque chaque jour compte.

Allez donc liker ce pauv’ti Monday et profitez-en pour découvrir l’univers de ce ninja espagnol qui me fait sourire chaque jour sur Instagram :

https://www.instagram.com/naolito/

 

Episode 1 – J’ai décidé d’aimer Noël

Noël et moi, on est fâchés depuis longtemps. Dès qu’il débarque avec ses guirlandes dans les rayons, ses catalogues de jouets dans les boîtes aux lettres et ses étoiles lumineuses dans les centres-villes, ça me fout le cafard. Tous les ans, ça paraît la corvée pour tout le monde : qui sera là au réveillon ? Que va-t-on faire à manger ? Le vingt-quatre au soir ou le vingt-cinq midi ? Qu’est-ce qui vous ferait plaisir cette année ? Faudra prévoir de quoi coucher belle-maman !

Si ça ne tenait qu’à moi, je passerais la soirée emmitouflée sous ma couette à regarder les dix saisons de Friends en mode marathon canap’. Mais non, c’est une fête familiale, une tradition, on n’y coupe pas sinon, on a la tronche jusqu’à la galette des Rois, voire la Chandeleur, voire même Pâques.

Bref, à la base, je ne suis pas très enthousiaste dès que je vois les feuilles commencer à tomber, les jours raccourcir et les décos d’Halloween se faire remplacer par des sapins artificiels.

Mais cette année, je ne laisserai pas Noël me gâcher la fête. Non, parce que, quand je calcule, ce n’est pas normal qu’il me pourrisse soixante-et-un jours sur trois-cent-soixante-cinq, soit près de dix-sept pourcent de mon moral annuel. C’est pas rien !

Alors, de là à tomber dans l’euphorie digne d’une gosse de quatre ans, faut pas pousser, mais l’idée de tordre le cou au gros barbu et sa hotte remplie de cafard, ça me plaît assez. Parce que la vie est trop courte pour se miner à propos d’un truc qui arrivera qu’on le veuille ou non. Autant vivre l’expérience le plus positivement possible. Donc cette fois, je vais tourner les pages des catalogues en cochant ce que la petite fille que j’étais aurait adoré avoir, j’organiserai le concours de la déco scintillante la plus criarde et moche de mon voisinage et préparerai des bonshommes en pain d’épices pour en offrir au grand gagnant. Qui sait, au passage, je pourrais le convaincre que son père Noël zombie pendu là depuis l’année dernière est au bout de sa vie et mériterait d’être décroché avant la canicule de l’été prochain. Et puis, pour la fête de famille barbante, j’ai prévu un petit bingo spécial des phrases toutes faites qui débarquent pendant le repas à tous les coups : « Doucement avec les toasts au foie gras, y’a la dinde après », « juste un petit peu, les bulles, ça me donne mal à la tête », « oh fallait pas ! », « et le boulot, ça va ? », « non, mais où va la France, où va-t-on ? Droit dans le mur, je vous le dis ! ». Je vais vous animer la soirée moi, vous allez voir ! Et au pire, ils ne trouveront pas ça drôle et ne m’inviteront pas l’année prochaine. Oh ouais, je crois bien que je vais kiffer Noël cette année !

Et pourquoi j’en suis là ? Pourquoi j’envoie soudain valser les trucs relous qui me pourrissent l’existence ? Parce que j’ai décidé de prendre ma vie en main, d’être le maître à bord, de ne plus me laisser influencer par les événements extérieurs. Fini d’être ballottée entre ce que pourraient penser les autres et les situations subies. Je veux être la scénariste de mon film et en faire un blockbuster, pas un navet !

Non, parce que, mon mec qui me plaque, mon boulot qui lance un plan de sauvegarde de l’emploi et tous les collègues en panique qui se jettent dans les pires bassesses pour sauver leur place, y’a de quoi avoir envie de se petit suicider à l’overdose de Nutella. Mais non. Je tiens bon. Et pourquoi ? Parce que j’ai fait un rêve.

J’ai rêvé que je réalisais mon rêve.

La puissance du truc ! Vous n’imaginez pas. J’étais là, au vernissage de ma première expo en tant qu’illustratrice reconnue. On se bousculait pour me saluer et me féliciter pour mes œuvres, il y avait des petits fours, j’avais une coupe de champagne dans le nez à la main, un sourire de malade aux lèvres et une robe de tueuse ! Trop belle ! Une Ted Baker sur laquelle je bave depuis des mois, mais que je ne peux me permettre, ni financièrement ni corporellement, si vous voyez ce que je veux dire. Quelle sensation de me voir au sommet, là où j’ai toujours voulu être ! Et quand Shemar Moore, l’esprit criminel de ma petite culotte, a débarqué dans la salle et est venu directement vers moi pour m’enlacer et déposer un baiser dans mon cou, ça a été l’apogée. Bon, j’avoue, ça a aussi été le moment où j’ai compris que je rêvais. Non parce que les illustrations, je suis cap’ de les réaliser, mais faire succomber mon top 1 du classement « ne dormirait pas dans la baignoire », je ne suis pas Wonder Woman non plus (quoique).

Et bizarrement, au réveil, je n’ai pas eu le gros coup de blues comme je peux avoir quand je rêve que je gagne au loto (ça vous le fait aussi hein ? arf). Ça m’a plutôt fichu un coup de boost. Parce que ce rêve, c’était moi. C’était celle que je veux être. Moi dans la version de ma vie où tout me sourit. Du coup, constat. Du coup, prise de conscience. Du coup, claque en pleine tronche : Comment on fait pour que la vie nous sourie ?

Les émotions que j’ai ressenties dans ce rêve étaient tellement réelles, c’était si intense de se voir là, au top, fière, forte, avec tant de choses merveilleuses à réaliser encore. En ouvrant les yeux, je l’ai enviée cette moi. Je me suis prise à imaginer qu’elle pourrait être la moi du futur qui me faisait un clin d’œil depuis mon inconscient. Oui, mais alors, si c’était la moi du futur, ça voulait dire que c’était possible. Après tout, qu’est-ce qui m’empêchait de devenir elle ? Et là, mon cerveau (ce salopard) s’est fait un plaisir de me donner des raisons : ben si déjà tu commençais par te bouger le cul. Tu as fait quoi jusqu’ici pour franchir ne serait-ce qu’un quart du chemin pour atteindre ton but ?

En vrai, ça n’a jamais été mon but. C’est un rêve. On en a tous, pas vrai ? Moi, je me rêve illustratrice reconnue, avec un corps de déesse et un mec canon au bras. On a bien le droit d’avoir ses petits plans sur la comète qui ne verront jamais le jour, non ? Car, tout ça tient du fantasme. Soyons sérieux deux secondes, ce n’est pas demain la veille que Shemar va décider d’apprendre la langue de Molière en venant me coller la sienne dans la bouche. Et faudrait déjà que je perde ma petite bouée qui ne sert à rien puisque je sais nager. N’empêche, ça m’a travaillé cette histoire. Et mine de rien, j’ai commencé à y croire. J’ai dépoussiéré ma tablette graphique (un cadeau de Noël, ah ah) et l’ai branchée sur mon ordinateur. Sur le moment, je me suis sentie bête, mais j’ai eu envie de voir à quel point j’étais rouillée (ou pas), après toutes ces années. J’étais toute timide au départ, comme si j’avais la trouille d’être vue me reconnecter à une passion de gosse. Comme quand on a peur d’être surprise à jouer à la Barbie alors qu’on a passé l’âge.

Et puis, je me suis lancée. Maladroitement d’abord, puis avec plus de finesse dans le trait. A mesure que je redécouvrais les sensations exquises de création, les murs de doutes, de honte et de ridicule se sont effondrés les uns après les autres. J’étais dans ma bulle, avec moi-même, ma meilleure alliée, et ensemble, on a créé pendant des heures, esquissé des visages, des paysages, des scènes, des personnages en mouvement, des saisons, des regards, des intentions, des gestes. En posant mon stylet, j’étais épuisée, vidée, comme si tout ce que je contenais à l’intérieur depuis des années avait explosé là, sur mon écran, en un mélange de traits, de poésie, de sens et de couleurs. J’étais restée cinq heures assise à mon bureau sans m’en rendre compte. Le monde autour avait disparu, le temps s’était suspendu. Enfin, pas vraiment, le ménage n’était pas fait, le frigo était vide et le linge pas étendu. Mais bon sang, quel pied !

C’est là que j’ai compris. Peu importe que je donne un sens mystique ou non à ce rêve fou, mais force était de constater qu’il m’avait fichu un sacré coup de pied aux fesses et m’avait fait renouer avec ma passion, celle que j’avais laissée de côté, presque oubliée, remisée au rang de loisirs auquel je m’adonnerai de nouveau quand j’aurai du temps. Mais on n’a jamais le temps ! Si on ne le décide pas, on ne fait rien, jamais ! Le temps, je l’ai donné à mon canapé, à ma télé, à mon ex, à mon boulot, à mon grignotage intempestif. Résultat, je vis seule, je suis incollable sur la télé-réalité, j’ai pris sept kilos et j’ai la trouille de perdre un boulot qui ne me plait pas au lieu d’essayer d’en trouver un pour lequel je suis faite. Y’aurait pas un dénominateur commun à tout ça ? Ça fait mal, ça pique hein, mais, oui, et c’est : MOI.

Donc, j’ai admis que mon cerveau avait raison. Et à la question : Tu as fait quoi jusqu’ici pour franchir ne serait-ce qu’un quart du chemin pour atteindre ton but ? J’ai répondu honnêtement : rien.

Alors ça va bien de rêvasser, d’espérer que les choses me tombent tout cuit dans le bec. Ce n’est pas comme ça que je referai un trente-huit, pas comme ça que j’aurai un job intéressant, pas comme ça que je rencontrerai un type qui n’aura pas envie d’aller voir ailleurs devant mon manque de perspectives. Parce que ne pas voir plus loin que la réjouissance de la prochaine soirée pizza du vendredi, ça manque peut-être un brin de charme, il faut se l’avouer. A côté de ça, forcément, une nana qui sait se servir de baguettes et avaler un gros maki sans en mettre partout avec des yeux de chaudasse gourmands, ça donne plus envie… (elle s’appelle Vanessa, by the way).

Donc c’est là que je me suis dit : « Marion, ça suffit, tu vas kiffer ta vie dès maintenant et en faire un truc de dingue. Réaliser ce rêve de malade, c’est peut-être un Everest, mais essayer au moins de l’atteindre, même un petit peu, ce sera déjà ça dont tu pourras être fière. Tu connais bien la niaiserie de viser la lune pour atteindre au pire les étoiles ? Ben, tu vas faire swinguer une putain de constellation et atteindre Mars ou Venus, peu importe, mais tu vas m’enfiler ton costume d’astronaute et on va préparer la fusée, nom d’une comète ! (Et puis, on ne verra pas nos bourrelets dans la tenue de bonhomme Michelin, raison de plus !) ».

Et vous, vous avez fait quoi récemment pour réaliser vos rêves ?

A suivre…

Bientôt :  Episode 2 – J’ai décidé de prendre exemple sur Kimberley

  

 

Le plein de vitamine C

Pour aider mes collègues à combattre les vilains microbes  qui contaminent tout l’open space, j’ai dégainé une de mes armes de ninja : la vitamine C.

Les clémentines, c’est coloré, ça sent bon dans les bureaux et ça rend les gens heureux. La preuve : j’ai eu bien plus de mercis que pour les croissants du lundi !

Et puis, on peut même s’amuser à leur faire des visages si on a un stylo sous la main…quoi ? le temps que le café coule, fallait bien que je m’occupe ! 😉

Allez, vous essayez aussi la clémentine party ?