Episode 2 – J’ai décidé de prendre exemple sur Kimberley

Le constat est sans appel, j’ai perdu un temps de dingue devant des conneries télévisées. Imaginez le nombre de dessins que j’aurais pu faire au lieu de me lobotomiser à coups d’épreuves d’immunités, de confessionnal, de marseillais, d’anges déchus et j’en passe ? Le truc, c’est qu’on ne peut pas refaire le passé. (Quelle découverte ! Oui je sais, oh ça va). Alors, à la lueur de mes nouvelles résolutions, j’ai décidé que plutôt que de m’écrier : « Oh my god ! mais pourquoi ?! Qu’ai-je donc fait ? Vers quel état errais-je ? Quelle infamie ! (5 ans de théâtre, eh ouais les mecs !). Bref, plutôt que de me lamenter, j’ai préféré me servir de tout ce temps passé en débilités pour en tirer des leçons. Pas de grammaire, je vous rassure…
Figurez-vous que, à bien y regarder, pendant que je végétais devant des gens qui n’étaient visiblement pas les héritiers de l’inventeur du fil à couper le beurre ou d’un quelconque prix Nobel, j’avais sous les yeux l’exemple parfait à suivre. Ne faites pas cette tête, vous allez comprendre…
Prenons le cas de Kimberley.
Kimberley a 20 ans, elle est blonde, jolie, bien fichue et est sortie du système scolaire quand ça a commencé à devenir vraiment trop compliqué (faut que je vous fasse un dessin ? ah ah). Elle a beau avoir un bagage culturel qui passerait à l’aise en cabine, elle a quand même percuté que son joli cul minois lui permettait d’obtenir pas mal de choses. Et son rêve à Kimberley, le truc qui lui fait briller les lentilles de couleur, c’est d’être célèbre. Elle n’a sûrement jamais entendu parler d’Andy Warhol, n’empêche, elle n’a aucun doute sur le fait que ce soit possible. Alors la Kim, elle voit passer une annonce à la télé pour participer à la prochaine émission de sa chaîne favorite. Et ça tombe bien, elle, ce qu’elle veut, c’est être la nouvelle Loana. Elle se fout bien de ce que la star de la piscine du Loft est devenue entre-temps, tout ce qu’elle comprend, c’est qu’elle a peut-être l’occasion de réaliser son rêve. Passer à la télé poubelle , être vue par des milliers de téléspectateurs lobotomisés, des producteurs véreux, faire la couv’ de ses magazines favoris, et peut-être même enregistrer un disque, qui sait ? (dois-je vous rappeler qui a trusté les charts début 2000 avec l’infâme tube Lofteurs Up and Down ? non hein, on veut tous oublier ça…on est d’accord). Et donc notre chère Kim, est-ce qu’elle a fait le plancton devant la télé, assise sur son clic clac Conforama à souffler sur son vernis tout juste appliqué en attendant que ça se passe ? Que nenni ! Elle a postulé, tiens ! Et on l’a appelée pour le casting. On lui a posé plein de questions, sur tout, sur rien, si elle portait des strings, si elle avait déjà embrassé une fille, ce qu’elle voulait faire plus tard, si elle était claustrophobe (elle a répondu oui, pour ne pas avoir l’air bête). Elle s’est fait prendre en photo sous toutes les coutures, a fait sa plus belle moue et a récité sa présentation devant la caméra (la même que celle qu’elle avait apprise par cœur pour l’élection ratée de Miss Provence, trop refaite y z’avaient prétexté). On lui a dit qu’on la rappellerait, et on l’a rappelée. Et maintenant, on voit Kimberley partout : sur les réseaux sociaux, au zapping, elle est même à l’origine (bien malgré elle) du #Analepasbête. Elle va bientôt créer une ligne de vêtements, un parfum et sortir une biographie.
On peut se moquer, dire ce qu’on veut, n’empêche, cette fille réalise son rêve. Il est peut-être discutable, il est en tout cas (et malheureusement) partagé par un bon nombre de personnes. Et du coup, non seulement Kimberley réalise son rêve, mais elle fait rêver les autres ! Pour tout vous dire, elle me fait même rêver moi aussi. Oui, parce que je peux la toiser avec mon air condescendant de presque trentenaire, lui dire par écran interposé de redescendre sur terre, de reprendre ses études, de trouver un boulot décent, de la prévenir qu’après être suivie sur Twitter, c’est par des psys qu’elle va être suivie, ad vitam (c’est du latin…laisse tomber Kim). Mais moi, je suis qui pour lui expliquer la vie à cette petite ? Je fais quoi de la mienne, d’abord ? J’ai risqué quoi de ma santé mentale pour vibrer comme une dingue ? J’inspire qui ? Et depuis quand je n’ai pas osé me frotter au reste du monde pour exister et aller chercher ma part de bonheur ?
Imaginez que demain, un cataclysme surgisse, que les aliens nous attaquent, ou pire (et pourtant, tellement plus probable) que Trump touche au gros bouton rouge qu’il a dans son bureau. La planète s’éteint, les hommes disparaissent. Et comme dans la légende urbaine, chacun voit sa vie défiler devant ses yeux. D’après vous, laquelle de Kim ou de nous aura le moins de regrets ?
Flippant hein ?
Alors oui, j’ai décidé que j’allais prendre exemple sur Kimberley. Je vais me remettre très sérieusement au dessin, scruter les concours, les manifestations autour de l’illustration et me frotter aux pointures du genre. Comme ça je verrai bien ce que je vaux. Ça fout la trouille, mais je la sens cette petite flamme en moi qui brûle d’envie de tenter le coup. Elle me pousse, me réchauffe quand le doute jette un froid et me fait me recroqueviller sur mes bonnes vieilles couches de gras réconfortantes. Donc voilà, entre ne rien faire et être ridicule, j’ai décidé que je préférais le ridicule. Au pire je continuerai mes dessins dans mon coin, au mieux ils prendront vie sous d’autres yeux que les miens et rien que cette idée de pouvoir émouvoir, capter, intriguer d’autres personnes sur cette Terre, c’est tout bonnement grisant.
Je veux ça. Je veux essayer. Je veux y arriver. Alors, j’éteins ma télé, j’allume mon ordi et je me mets au boulot !
Ah merde, y’a la nouvelle saison de Walking Dead qui démarre ce soir !
Bon, ben tant pis, je commencerai à vivre mes rêves demain…Donald ne devrait pas appuyer sur le bouton ce soir, il est occupé sur Twitter là…
Mouais…enfin, il va peut-être falloir que je règle ce petit souci de procrastination tout de même. Qui a dit que c’était facile de réaliser ses rêves ?
Marion VS Netflix,
Marion VS Facebook,
Marion VS CandyCrush
Marion VS la tablette de chocolat qui me nargue depuis le placard de la cuisine.

A moi seule, j’ai plus de vilains boss à combattre que Mario !

En fin de compte, c’était fastoche pour Kimberley, enfermée dans une villa sans connexion internet ! Elle a vraiment tout compris celle-là ! Enfin, non, pas de bol, elle était vraiment claustro.

Ça me fait penser…et vous alors, vous avez déjà embrassé une fille ?
Ok ok, trêve de causerie, je me mets au boulot, rho…

Non, mais même pas une petite fois ?

Faites gaffe hein, la fin du monde est proche, je dis ça, je dis rien…

A suivre…

Bientôt : Episode 3 – J’ai décidé d’appeler mon corps « Petit Panda ».

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